C'est un coup de tonnerre dans le monde de l'intelligence artificielle : Encyclopedia Britannica, l'une des plus anciennes et des plus respectées sources de savoir encyclopédique, a déposé une plainte contre OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT. La maison d'édition Merriam-Webster s'est jointe à la poursuite. L'accusation est grave : OpenAI est soupçonné d'avoir illégalement utilisé le contenu protégé par le droit d'auteur de Britannica pour entraîner ses modèles d'IA, en particulier ChatGPT.

Selon Britannica, ChatGPT ne se contenterait pas d'avoir été entraîné sur ses données, mais serait capable de reproduire des portions significatives de son contenu presque mot pour mot. L'entreprise affirme que GPT-4 a « mémorisé » une grande partie du contenu de Britannica et peut en restituer des copies quasi-identiques sur demande. Ces exemples « mémorisés » constitueraient des copies non autorisées utilisées par OpenAI pour perfectionner ses modèles.

La plainte souligne que cette utilisation du contenu de Britannica est non seulement illégale, mais qu'elle porte également atteinte à la valeur de son travail et à son modèle économique. Britannica investit massivement dans la recherche, la rédaction et la mise à jour de ses articles, et estime qu'OpenAI profite indûment de cet investissement sans autorisation ni compensation.

Cette action en justice s'inscrit dans un contexte plus large de préoccupations croissantes concernant l'utilisation de données protégées par le droit d'auteur pour l'entraînement des IA. De nombreux artistes, écrivains et autres créateurs de contenu s'inquiètent de voir leurs œuvres utilisées sans leur consentement pour alimenter des modèles d'IA, ce qui pourrait à terme menacer leurs moyens de subsistance.

L'issue de cette affaire pourrait avoir des conséquences considérables pour l'avenir de l'IA et de la propriété intellectuelle. Si Britannica obtient gain de cause, cela pourrait créer un précédent et obliger les entreprises d'IA à obtenir des licences pour utiliser du contenu protégé par le droit d'auteur dans leurs modèles. Cela pourrait également entraîner une augmentation des coûts de développement de l'IA et un ralentissement de l'innovation.

Pour l'instant, OpenAI n'a pas encore officiellement répondu à la plainte. Il sera intéressant de voir comment la société se défendra et quels arguments elle avancera pour justifier son utilisation du contenu de Britannica. Cette affaire promet d'être longue et complexe, et elle soulève des questions fondamentales sur la relation entre l'IA, le droit d'auteur et la création de contenu. Elle met en lumière les défis juridiques et éthiques liés au développement rapide de l'intelligence artificielle et la nécessité d'établir des règles claires pour encadrer son utilisation. L'avenir de l'IA et de la propriété intellectuelle est en jeu.