Le Conseil des Conseillers du Président pour la Science et la Technologie (PCAST), une instance généralement discrète, se retrouve sous les projecteurs pour des raisons qui suscitent l'inquiétude. Si le PCAST attire l'attention, c'est souvent lorsque des problèmes surviennent, comme ce fut le cas avec la démission du responsable nommé par Biden suite à un comportement abusif. L'administration Biden, bien que généralement favorable à la science, avait mis plusieurs mois à nommer les membres de son PCAST. Il n'est donc pas surprenant qu'une administration moins encline à valoriser la science ait tardé à constituer sa propre version du conseil.

Cependant, la liste des nominations, enfin dévoilée mercredi, frappe par une absence quasi totale de scientifiques. Bien que neuf postes restent vacants, laissant la porte ouverte à d'éventuelles nominations ultérieures, la composition actuelle du PCAST penche lourdement en faveur de figures extrêmement fortunées issues du monde de la technologie.

Parmi les personnalités nommées, on retrouve des noms prestigieux tels que Marc Andreessen, investisseur de renom, Sergey Brin, co-fondateur de Google, Michael Dell, fondateur de Dell, Larry Ellison, le visionnaire d'Oracle, Jensen Huang, PDG de NVIDIA, Lisa Su, à la tête d'AMD, et Mark Zuckerberg, le fondateur de Meta. La présence de ces leaders de l'industrie technologique est indéniablement significative.

Cependant, l'absence de scientifiques de premier plan soulève des questions légitimes quant à l'orientation future du PCAST. Le conseil, traditionnellement chargé de fournir des conseils éclairés au Président sur les questions scientifiques et technologiques cruciales, risque-t-il de privilégier les intérêts économiques et commerciaux au détriment de la recherche fondamentale et de l'innovation scientifique?

Si l'expertise des figures de la tech en matière d'innovation et de développement commercial est indéniable, leur connaissance approfondie des enjeux scientifiques fondamentaux peut être limitée. L'équilibre entre les perspectives scientifiques et technologiques semble donc compromis, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les politiques scientifiques et technologiques de l'administration Trump.

Il reste à voir si les postes vacants seront comblés par des scientifiques de renom et si l'orientation du PCAST évoluera. Cependant, la composition actuelle du conseil soulève des inquiétudes quant à la place accordée à la science dans les décisions politiques et économiques. Cette nomination met en lumière une tendance potentielle à privilégier les intérêts de l'industrie technologique au détriment de la recherche scientifique, une perspective qui mérite une attention particulière. L'avenir nous dira si cette orientation se confirmera et quelles en seront les conséquences pour l'innovation et le progrès scientifique.