Coup dur pour X (anciennement Twitter) : un juge du tribunal de district du nord du Texas a rejeté la plainte déposée par X Corp. contre plusieurs annonceurs qu'elle accusait d'avoir organisé un « boycott illégal » de la plateforme, selon un rapport de Reuters. Cette action en justice, lancée par X en 2024, faisait suite au retrait massif de publicités par de nombreuses entreprises, une décision largement motivée par la politique de modération jugée laxiste de X en matière de discours haineux et de désinformation.

La juge Jane J. Boyle n'a pas été convaincue par les arguments de X, qui affirmait que le retrait des publicités par des entreprises telles que Twitch, Shell, Nestlé et Lego constituait un préjudice relevant du droit de la concurrence. Selon X, ces entreprises auraient agi de concert pour nuire à ses revenus publicitaires.

Les entreprises visées par la plainte de X sont membres de la Global Alliance for Responsible Media (GARM) de la World Federation of Advertisers (WFA). La GARM est une organisation qui permet aux annonceurs de négocier collectivement des normes de sécurité et de responsabilité avec les plateformes sur lesquelles ils diffusent leurs publicités. En substance, les annonceurs, préoccupés par la modération de contenu sur X, ont choisi de réorienter leurs budgets publicitaires vers d'autres plateformes sociales offrant un environnement plus sûr et plus conforme à leurs valeurs.

Bien que cette décision ait indéniablement affecté les revenus publicitaires de X, la juge Boyle a estimé que les arguments de la plateforme ne suffisaient pas à prouver un préjudice anticoncurrentiel. En d'autres termes, elle a considéré que les annonceurs avaient le droit de choisir où ils souhaitent investir leur argent et que leur décision, même concertée, ne constituait pas une violation des lois antitrust.

Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre les plateformes de médias sociaux et les annonceurs concernant la modération du contenu. Les marques sont de plus en plus sensibles à l'image qu'elles projettent et sont soucieuses d'éviter d'être associées à des contenus préjudiciables ou controversés. Le jugement constitue une victoire importante pour les annonceurs, confirmant leur liberté de choisir les plateformes qui correspondent le mieux à leurs valeurs et à leurs objectifs commerciaux. Pour X, cette décision représente un revers majeur et souligne la nécessité de trouver un équilibre entre la liberté d'expression et la responsabilité en matière de modération de contenu, afin de regagner la confiance des annonceurs et de rétablir ses revenus publicitaires. L'avenir de la plateforme, et son modèle économique, dépendent de sa capacité à relever ce défi.